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Dec
SOMMET EUROPEEN: UN SUICID COLLECTIF EN DIRECT PDF Εκτύπωση E-mail
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par GREGOIRE DUHAMEL 

Au terme du seizième sommet réuni en urgence par les duellistes Sarkozy et Merkel depuis le début de la “crise de la dette”, les européens se sont entendus sur ce nouveau "pacte", qui repose notamment sur un "contrôle plus strict des budgets nationaux", ainsi que sur une mini-réforme du futur mécanisme européen de stabilité, désormais épaulé par la BCE. Ce sommet, comme la plupart des précédents, est qualifié d’historique.


"C'est un sommet qui fera date", a déclaré Nicolas Sarkozy. Nous aurions préféré une réforme des traités à 27, cela n'a pas été possible compte tenu de la position de nos amis britanniques (...) Ce sera donc un traité intergouvernemental à 17, ouvert à ceux qui voudront le rejoindre".
Ce qu'on appelle pudiquement la crise de la dette, c'est en réalité la perspective pure et simple d’un dépôt de bilan par impossibilité de régler le passif cumulé des pays de l'UE, le tout aboutissant à l’arrêt de la monnaie unique.


La Grande-Bretagne a d'ores et déjà annoncé, en effet, ne pas vouloir signer ce traité, mais les dirigeants suédois, tchèques et hongrois veulent consulter leur parlement et “réservent leur réponse”, comme on dit.
Le plus intéressant est qu’on apprend au détour d’une phrase que les institutions actuelles de l'Union européenne “pourront être utilisées dans ce nouveau traité” rédigé d'ici mars. Cette litote anodine implique qu’un référendum dans les pays qui le signeront ne sera pas nécessaire pour le ratifier. On continue donc la marche forcée vers un avenir cuisiné en haut lieu sans aucune consultation démocratique, ce qui contient en soi des éléments potentiellement explosifs.


Les pays dont les déficits seront supérieurs à 3% de leur PIB seront visés par des sanctions automatiques qui ne pourront être bloquées que par une majorité qualifiée. Par ailleurs une "règle d'or" budgétaire permettant de maintenir ces déficits sous le seuil de 0,5 % du PIB sur la durée du cycle économique devra être intégrée aux législations nationales, sous le contrôle de la Cour de justice européenne.


Ces dispositions garantissent une récession rapide dans l'Eurozone. En outre, comme d’habitude, le problème numéro un (l’argent est imprimé en échange de lettres de créance, ce qui est suicidaire) a été esquivé. Le plus incroyable tour de passe-passe de l’accord est celui-ci : l'ensemble des Etats membres de l'UE se sont entendus pour étudier dans les dix jours la possibilité de prêter 200 milliards d'euros au Fonds monétaire international pour “en renforcer les ressources” !!! Or, ce qu’il faut savoir, c’est que ces 200 milliards seront en fait aussitôt reprêté par le FMI à l’Europe. Quel est l’intérêt de cette opération en apparence absurde ? Tout simplement de contourner les bonnes résolutions antérieures. L'UE se soustrait ici à la promesse de ne pas créer de dettes supplémentaires pour financer le paiement des intérêts de la dette actuelle. L’Europe, le 8 décemebre 2011, a une nouvelle fois fait tourner la planche à billet en échange de dettes, et c’est littéralement insensé.

La monnaie unique, préservé à n'importe quel prix (idiotement payé car sa survie est probalement impossible avant le rétablissement des équilibres mondiaux), impliquera désormais une chasse aux liquidités quasi-mensuelle. C'est incroyable.

 

Από το www.agoravox.com 

 

GREGOIRE DUHAMEL:  Journaliste et auteur de plusieurs livres à succès sur les paradis fiscaux, Grégoire Duhamel s'est retiré de la vie active depuis 2010


 

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